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Les esquisses galantes
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Tableaux | 26.06.2016 - 18 h 19 | 0 COMMENTAIRES
Bernard Homo-Lévy

J’ai été frappé par le petit côté Bernard Henri-Lévy, version gay – et ce sont deux euphémismes – de certaines de mes dernières connaissances. J’ai envie de les appeler, par facilité, des Bernard Homo-Lévy. Imaginez la chemise chic, portée avec une désinvolture savamment étudiée ; la chevelure épaisse, mi-longue, également vaguement libre, laissant quelques cheveux au vent mais sans jamais risquer de déranger la structure ; l’œil et la parole affutés, ciselés, supérieurs mais à l’écoute, précis, légers et puissants, dotés de ce soupçon d’espièglerie permise par un sentiment de légitimité à peine dissimulé…

Bernard Homo-Lévy prétend se refuser à tout paternalisme, mais tout en lui respire le paternalisme. Il est blanc, homme, occidental, cisgenre : il n’y peut rien, il n’a pas envie de s’en excuser.

La démarche est un peu moins assurée, un peu plus faillible, mais, par méfiance ou par envie, on en vient à croire que cette fragilité est tout aussi construite et destinée à embarquer son public, à provoquer cette sorte de tendresse qu’ont la plupart des gens envers des personnes vieillies, et douces, et vulnérables. Or BHL n’est pas vulnérable ; il est résilient, il est la résilience même.

Il en a rencontré, du beau monde, dans sa vie, qui d’ailleurs n’est pas si longue – il est encore jeune, dans la force de l’âge, grisonnant mais actif sexuellement et socialement. Il a croisé des stars de la mode et du cinéma, des intellectuels du grand monde, des milliardaires des palais, des présidents. Et pourtant, il participe aussi à de toutes petites choses, par exemple à une émission confidentielle sur une toute petite radio locale destinée à un public minoritaire. C’est parce qu’il y croit, et parce que sa philosophie est égalitariste, comme peut être égalitariste un héritier gauche caviar, ce qui n’enlève rien à ses batailles, à de très certaines souffrances dont il ne dira pas un mot, les décès qui l’entourent en permanence et dont il se souvient, chacun d’eux, les maladies qu’il a vaincues, mais pas toutes ; les amitiés qui se sont défaites, et qui cisaillent encore chaque jour son cœur pas si dur et dont il se souvient à chaque fois qu’il écrit un paragraphe, un poème, un essai.

Bien entendu, il ne reste pas longtemps dans les petites choses confidentielles ; à peine considèrera-t-il qu’il en a assez fait, que prendra fin sa croisade de grand frère des pauvres. Ce type de sarcasme ne le dérange pas, d’ailleurs : il sait qu’il s’expose à la jalousie des petites gens, et, peut-être, aussi, a-t-il cette grandeur, d’accepter réellement cela, cette violence de la relation humaine, cette violence à l’égard de quelque chose qui n’a pas été donné à tous, ou conquis par tous. Lui, il sait qu’il s’est battu, il a l’intelligence de ne pas dire, et sans doute même de ne pas penser, que pour s’acheter un costume il suffit de travailler.

Il conserve une part de mystère, tout en semblant se dévoiler entièrement. Il étonne ; tant il peut être irritant, et – non, je ne vais pas dire « attachant » – honnête. Tant il a d’énergie, mais qu’on lui reproche, avec mauvaise foi et envie.

Il y a une certaine beauté en lui. Bernard Homo-Lévy a du charisme, et un peu plus que cela. Quelque chose qui relève de la compassion pour les hommes, et qui prend le risque du paternalisme pour pouvoir s’exprimer.

Il a des choses à dire. Il veut les partager. Alors, oui, c’est vrai, il prend un peu plus de place que les autres, mais l’essentiel est là : il partage.

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