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Les esquisses galantes
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Processus | 06.07.2016 - 09 h 02 | 2 COMMENTAIRES
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère

Mais qu’est-ce que nous avons, nous les gays, avec nos frères ? Il doit bien y avoir un ou deux livres de Freud là-dessus, non ? Parce que quand même, il s’en passe des choses entre frères, et pas toutes jolies, hein. Interdit aux moins de 18 ans ! Enfin, façon de parler…

Si un hétéro cherche à retrouver sa mère dans ses amours, est-ce vraiment son père qu’un gay veut retrouver ? Ou peut-être son frère, non ? Le cordon fraternel est peut-être plus difficile à couper, pour un gay, que le cordon parental…

Bon, évidemment, tous les gays n’ont pas commencé leur vie sexuelle avec leur frère – quoique, symboliquement, peut-être que si ; mais les symboles, ça n’est pas interdit par la loi, alors que l’inceste oui, et le viol encore plus.

Sans atteindre ces extrêmes, qui malheureusement ne sont paraît-il pas si rares, il faut bien reconnaître qu’il y a quelque chose de particulier dans la relation entre un gay et son frère.

C’est normal, entre frères, on s’aime et on se déteste. Le frère peut être le modèle et le contre-modèle ; ce qu’on aimerait être et ce qu’on ne sera jamais, tout en y étant presque, ou à l’inverse tout ce qu’on ne voudrait surtout pas être, mais qu’on sait qu’on est quand même un peu… Et quand l’un des deux est gay, tout cela prend pour lui une intensité, un degré, une profondeur, qui sont fondatrices. On peut aimer son frère, mais on sait qu’il ne pourra jamais comprendre ni aimer de la même façon ; on peut le détester, et peut-être qu’il nous le rend bien, avec en plus une peur ou une mise à distance qui est de l’ordre de la violence. On refuse les règles de la compétition habituelle entre frères, on détourne ces règles ; les trophées désirés ne sont pas les mêmes, on ne joue pas le même jeu ; et le frère, qui bien sûr ne comprend pas, en rajoute des couches dans le conflit (il veut faire de vous un vrai homme) ou dans l’éloignement (il ne veut en rien vous ressembler…). Incompréhension, frustration, violence, amour, un cocktail détonnant… L’apaisement, heureusement, est aussi une option – peut-être est-on vraiment adulte quand on pardonne à son frère.

Il arrive aussi assez souvent qu’il y ait deux frères gays. Là, ce sont les parents qui s’interrogent, en se triturant les méninges : qu’ont-ils fait pour mériter ça, qu’ont-ils bien pu rater ? Mais peut-être faudrait-il se demander si l’un des deux parents n’aurait pas une petite tendance au refoulement ? C’est aussi parce qu’il y a tant de fratries gays que beaucoup continuent de chercher le gène de l’homosexualité, la plupart du temps dans l’espoir pas tellement secret d’éradiquer cette chose affreuse. Bien sûr, le seul fait de chercher une explication revient à sous-entendre qu’être homo serait une maladie ou une tare ; on ne cherche pas à expliquer pourquoi un hétéro est attiré par tel ou tel type de femme… En tout cas, dans une fratrie gay, on retombe dans la concurrence classique entre frères. On s’aime, on se déteste, on essaie de ne pas coucher avec le même mec, ça arrive toujours à un moment ou un autre, c’est la guerre pendant quelque temps, et puis on se rabiboche ; quelques expériences sont particulièrement sensibles, comme le coming out de l’autre frère…

En ce qui concerne les sœurs, c’est beaucoup plus simple : la sœur d’un gay, on n’y touche pas. C’est sacré. Bas les pattes. Et si elle aime les garçons, interdiction de vérifier l’hétérosexualité réelle de son compagnon ! Si, si, vraiment. Laissez-la vivre, et être différente de ce que vous auriez rêvé d’être…

 

LES réactions (2)
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère
  • Par Auto Math 17 Juil 2016 - 19 H 25

    Et si on arrêtait de prendre les élucubrations d’un toxico sexiste et homophobe pour de la science infuse?

     
  • Par lesesq 19 Juil 2016 - 20 H 38

    Oui je suis assez d’accord… mais justement, il y a eu énormément de choses dites après lui, et je me sens assez peu légitime sur le sujet, alors je continue dans ma veine « comptoir du commerce », en pointant seulement un cliché sur Freud, pas plus…

     
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